Un radioamateur accusé de crime d'Etat

Date 18-06-2018 08:14:12 | Catégorie : Actualités

RadioamateurL'ARMÉE n'a pas le sens de l'humour, et les policiers de la DST encore moins. Vincent Plousey, 30 ans, alias « Larsen »
un radioamateur, l'a compris lorsqu'il a publié sur Internet la liste des fréquences permettant d'écouter certaines communications de la force océanique stratégique ou de l'armée de l'air. Arrêté le 18 avril 2000 et incarcéré 59 jours à la prison de la Santé à Paris, le hacker des ondes a été mis en examen par le juge antiterroriste Gilbert Thiel pour atteinte au secret défense. Ce dernier vient de boucler son instruction. « Mon seul crime, c'est d'avoir été trop curieux. Je ne suis ni un espion ni un terroriste, lâche Vincent Plousey. Mes sources pour diffuser ces fréquences étaient publiques, comme le guide Klingenfuss, la bible du radioamateur, en vente libre, ou la revue Ondes courtes . » Le radioamateur n'en est pas à son coup d'essai : tout jeune, il réussissait à écouter sur son scanner les communications radio du Concorde au départ de Roissy.


Il se souvient avoir écouté les conversations de l'association écologiste Greenpeace au moment des essais nucléaires dans le Pacifique, mais aussi les navigateurs solitaires. Vincent, dont le nom de code sur les ondes était Passionné, anticonformiste et un peu « anar », mais « patriote » comme il se définit lui-même, Larsen a mis en ligne sur Internet des fréquences militaires et celles d'organisations humanitaires. Vérifications faites, le guide « Klingenfuss » les a déjà divulguées. Il existe les mêmes informations sur le CD-ROM version 2002 du même éditeur. « Il n'y a rien d'illégal car tout cela est déjà dans le domaine public. Reste que bon nombre de ces fréquences sont cryptées et exigent un matériel très sophistiqué que je n'ai jamais possédé et réservé aux seuls vrais espions », martèle Larsen.

Un détenu très surveillé

Il a été arrêté un matin par sept policiers de la DST, armes au poing, au pied de son immeuble. Et le juge antiterroriste Gilbert Thiel, qui vient de clore son instruction, n'en démord pas : « Il a diffusé des informations classifiées, comme les fréquences de la base des sous-marins nucléaires de l'île Longue. » « On m'a accusé d'un crime d'Etat. Je n'ai pas compris », avoue le jeune homme, marqué par sa détention à la prison de la Santé. « Les deux premières semaines, j'ai dormi avec une fourchette à la main de peur d'être agressé. J'en ai gardé une peur permanente », se souvient Vincent, qui était un détenu particulièrement surveillé : menottes en permanence et super-flics pour les transferts.

Source: leparisien.fr





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